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Dérive antigénique et avidité de l’hémagglutinine pour les récepteurs cellulaires

Publié le 07.12.2009

Au cours de leur réplication, les virus influenza A se fixent aux récepteurs membranaires des cellules hôtes grâce à une protéine de surface, l’hémagglutinine (HA). Elle constitue, avec la neuraminidase, une des principales cibles des anticorps neutralisants. Des mutations ponctuelles du gène de l’hémagglutinine peuvent survenir. La modification des domaines antigéniques qui en résulte empêche la reconnaissance de l’HA par les anticorps, permet l’échappement des virus aux défenses de l’organisme et explique donc la perte d’efficacité des vaccins.

Afin de comprendre les mécanismes de dérive antigénique des virus influenza A dans la population humaine, des chercheurs [1] ont utilisé un modèle de souris. Ils ont inoculé le virus A H1N1 (A/Puerto Rico/8/34) inactivé, par passages successifs, soit à des souris déjà immunisées par vaccination soit à des souris naïves. Chez les souris immunisées, la pression immunitaire exercée par les anticorps a favorisé l’apparition de virus mutants. La substitution d’un seul acide aminé de la glycoprotéine HA, en différentes positions selon les lignées mutantes, a été mise en évidence. Celle-ci semble avoir augmenté l’avidité des virus pour leurs récepteurs, tout en ayant parfois diminué simultanément leur antigénicité favorisant l’ échappement immunitaire. Le passage de virus mutés chez des souris naïves non immunisées aurait entrainé une nouvelle dérive antigénique avec diminution de l’avidité. Ainsi, dans ce modèle, la répétition des cycles "passage du virus d’un individu immunisé à un sujet naïf" entraînerait un changement constant de l’avidité et accélèrerait les glissements antigéniques. C’est ce qui se passe dans la population humaine, en particulier chez les enfants. Cette étude suggère donc qu’en augmentant le nombre d’enfants vaccinés, on pourrait diminuer le nombre de personnes naïves et ralentir alors les phénomènes de dérive antigénique permettant d’allonger la durée d’efficacité des vaccins antigrippaux.

Hemagglutinin Receptor Binding Avidity Drives Influenza A Virus Antigenic Drift

Notes

[1] Hensley, S. E., Das, S. R., Bailey, A. L., Schmidt, L. M., Hickman, H. D., Jayaraman, A., Viswanathan, K., Raman, R., Sasieskharan, R., Bennink, J., R., et Yewdell, J. « Hemagglutinin Receptor Binding Avidity Drives Influenza A Virus Antigenic Drift ». Science. 326, 734-736 (2009). doi : 10.1126/science.1178258