Déterminants du pouvoir pathogène du virus de la grippe espagnole

Publié le 08.10.2004

La grippe espagnole de 1918 a été caractérisée par une exceptionnelle sévérité et une évolution clinique très rapide, responsables de plus de 20 millions de morts.

Afin d’identifier les propriétés de la souche virale qui pourraient expliquer son extrème virulence, Yoshihiro Kawaoka et son équipe ont produit par génétique inverse des virus recombinants contenant les gènes de l’hémagglutinine (HA) et de la neuraminidase de la souche pandémique de 1918. Ces molécules sont les glycoprotéines de surface majeures des virus influenza et sont impliquées fortement dans la réponse immune de l’hôte.

Les scientifiques démontrent que la présence de l’hémagglutinine du virus de 1918 est responsable d’un pouvoir pathogène accru des virus innoculés par voie intranasale chez la souris ; les virus parents étant par ailleurs non pathogènes pour cette espèce. L’étude des tissus pulmonaires met en évidence des taux élevés de chimiokines et de cytokines, vraisemblablement en rapport avec l’infiltration massive par des cellules inflammatoires et avec les hémorragies observées. Ces phénomènes contribuent pour leur part à la gravité de l’infection.

Les auteurs concluent en la responsabilité probable de l’hémagglutinine dans la virulence du virus influenza A chez l’homme, responsable de la pandémie de 1918.

Darwyn Kobasa, Ayato Takada, Kyoko Shinya, Masato Hatta, Peter Halfmann, Steven Theriault, Hiroshi Suzuki, Hidekazu Nishimura, Keiko Mitamura, Norio Sugaya, Taichi Usui, Takeomi Murata, Yasuko Maeda, Shinji Watanabe, M. Suresh, Takashi Suzuki, Yasuo Suzuki, Heinz Feldmann, Yoshihiro Kawaoka : Enhanced virulence of influenza A viruses with the haemagglutinin of the 1918 pandemic virus.

Le résumé de l’article sur le site du journal Nature