Mémoire immunitaire contre le virus A (H1N1) 2009

Publié le 24.11.2009

Le virus pandémique influenza A (H1N1) 2009 ou S-OIV (swin-origin H1N1 influenza virus) est antigéniquement différent des virus influenza A saisonniers ayant précédemment circulé (Brève du 01/10/09), entraînant une faible protection immunitaire de la population générale vis-à-vis de ce nouveau virus. Chez un hôte ayant été au préalable en contact avec un virus grippal, la réponse immunitaire à une nouvelle infection par ce virus est déclenchée par la reconnaissance des épitopes viraux par les lymphocytes B ou les lymphocytes T [1]. Des chercheurs [2] ont étudié les bases moléculaires d’une possible immunité pré-existante dirigée contre des séquences d’épitopes de virus influenza A qui seraient conservées chez le virus S-OIV. Pour cela, ils ont analysé les épitopes de virus grippaux saisonniers H1N1 circulants entre 1988 et 2008 [3] qu’ils ont comparés à ceux du virus S-OIV.
Alors que les épitopes des protéines de surface, hémagglutinine et neuraminidase, reconnus par les lymphocyte B sont peu conservés chez les différents virus influenza, expliquant l’absence d’anticorps neutralisants dans la population générale de moins de 60 ans, les épitopes ciblés par les lymphocytes T sont conservés à environ 40% pour les lymphocytes T CD4 et 70% pour les CD8. Il est donc possible qu’une réponse immune mémoire contre S-OIV existe dans la population adulte, de façon prédominante au niveau des lymphocytes T et en particulier des lymphocytes T CD8. Même si la vaccination reste le meilleur moyen pour protéger la population, cette immunité mémoire pourrait atténuer la sévérité de l’infection à virus A (H1N1)2009 chez les adultes.

Une autre équipe de chercheurs [4]a également émis l’hypothèse que l’immunité à médiation cellulaire pourrait jouer un rôle protecteur vis-à-vis de l’infection à virus A (H1N1) 2009. Une immunité croisée pour les épitopes restreints au complexe majeur d’histocompatibilité de classe I pourrait exister chez les sujets précédemment vaccinés ou exposés aux virus grippaux saisonniers. Il pourrait en être de même pour le virus influenza A (H5N1).

Pre-existing immunity against swine-origin H1N1 influenza viruses in the general human population

Notes

[1] Les lymphocytes B produisent les anticorps qui, en se liant aux virus, bloquent l’infection. Les lymphocytes T participent à l’élimination des cellules infectées.

[2] Greenbaum, J. A., Kotturi, M. F., Kim, Y., Oseroff, C., Vaughan, K., Salimi, N., et al. « Pre-existing immunity against swine-origin H1N1 influenza viruses in the general human population ». Proceedings of the National Academy of Sciences. (2009). doi : 10.1073/pnas.0911580106

[3] Les épitopes ont été obtenus à partir de la base de données IEDB : Immune Epitope Database

[4] Xing, Z., Cardona, C.J. « Preexisting immunity to pandemic (H1N1) 2009 ». Emerging Infectious Diseases. 15, 1847-1848 (2009)