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Mesures de protection prises par la France et recommandations de l’AFSSA

Publié le 08.11.2005

Après l’apparition de nouveaux foyers de grippe aviaire en Turquie, en Roumanie et en Russie (Toula), les ministères de l’agriculture et de la santé ont saisi l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) pour une demande d’avis :
- d’une part sur l’évaluation du risque d’introduction, sur le territoire national et les DOM-TOM, par l’avifaune, et en particulier par les oiseaux migrateurs, du virus influenza A de sous-type H5N1 hautement pathogène pour les espèces domestiques et/ou l’homme,
- d’autre part sur les recommandations pour les élevages de volailles et la faune sauvage,
- enfin sur les mesures à appliquer dans le domaine de la chasse (pratique des "appelants" [1]).

Dans l’avis publié le 18 octobre 2005, l’AFSSA estime que le risque d’introduction direct du virus H5N1 hautement pathogène par les oiseaux migrateurs, à partir des foyers roumains, turcs ou de la même zone géographique, sur le territoire national est actuellement négligeable. Par ailleurs, bien que l’origine "oiseaux migrateurs" soit considérée comme probable, on ne peut pas exclure d’autres origines (mouvements d’animaux vivants, de personnes). Les mesures d’interdiction d’importation d’oiseaux et de leurs produits, en provenance des zones infectées, sont parfaitement adaptées. Les mesures vétérinaires prises au plan national sont pertinentes. La souche virale aviaire H5N1 hautement pathogène actuellement circulante ne peut être considérée ni comme adaptée à l’homme, ni comme hautement pathogène pour l’espèce humaine qui reste faiblement réceptive à cette souche. Concernant les parcs ornithologiques, zoologiques et les centres de soins, l’AFSSA recommande la mise en place d’actions de surveillance et le renforcement des contrôles aux frontières. Compte tenu de la situation actuelle en France et en Europe, l’AFSSA ne recommande ni la claustration des volailles élevées en plein air, ni l’interdiction de la chasse. Pour les personnes particulièrement exposées, les règles d’hygiène devront être scrupuleusement respectées. Les mesures de biosécurité applicables aux élevages de plein air ou en claustration sont également données. Elles visent à diminuer les risques de contamination par les oiseaux sauvages.

Dans l’avis du 21 octobre 2005, visant à réactualiser l’avis du 18 octobre, suite à l’apparition d’un foyer russe de grippe aviaire au sud de Moscou, l’AFSSA émet plusieurs hypothèses pour expliquer la survenue de ce foyer. La première est que la voie ferroviaire transsibérienne Pékin-Moscou pourrait être à l’origine de la propagation de l’épizootie de l’est asiatique vers l’ouest de la Russie. D’où la nécessité d’enquêtes épidémiologiques approfondies avant de conclure à la seule implication des oiseaux migrateurs. Une deuxième hypothèse est la possible contamination des courants migratoires « Mer Noire-Méditerranée » voire « Est-Atlantique ». Enfin une troisième hypothèse, peu probable pour l’origine du foyer russe de Toula, est le déplacement erratique d’oiseaux migrateurs contaminés. Au regard de ces hypothèses et des données disponibles, l’AFSSA estime que le risque d’introduction direct du virus influenza aviaire sur le territoire national, Dom-Tom inclus, à partir de la zone d’épizootie asiatique comme à partir des foyers russes, serait non augmenté et demeurerait négligeable. L’AFSSA ne recommande pas de mesures supplémentaires par rapport à l’avis du 18 octobre 2005. Mais elle recommande de renforcer les dispositifs de surveillance de la faune sauvage et de coopérer au niveau national, européen et international dans le cadre de réseaux de surveillance. Considérant les appelants, ils doivent être traités comme les volailles de plein air. En annexe, l’AFSSA définit les zones à risques c’est-à-dire les départements contenant les principales zones humides où se rassemblent les oiseaux migrateurs.

Tenant compte des recommandations de l’AFSSA, dans un souci de précaution, et en cohérence avec la décision adoptée à Bruxelles avec le soutien de la France, le gouvernement a pris différentes mesures (25 octobre 2005) :
- Confinement des volailles d’élevage en plein air dans 21 départements définis comme zones à risque (risque de contact avec des oiseaux migrateurs). Cinq départements supplémentaires ont été ajoutés le 27 octobre.
- Transport et utilisation des oiseaux appelants pour la chasse sont désormais interdits.
- Suspension des rassemblements d’oiseaux dans les foires, marchés et expositions sur l’ensemble du territoire.
Ces mesures viennent compléter un ensemble de mesures déjà appliquées depuis fin août et qui vont être renforcées :
- Contrôle des interdictions d’importation en provenance des pays infectés ou suspects (Turquie, Roumanie, Russie, différents pays d’Asie,...).
- Renforcement de la surveillance dans les élevages.
- Recommandations aux éleveurs (animaux non alimentés ni abreuvés à l’extérieur, interdiction d’utiliser des points d’eau à l’air libre).
- Renforcement de la surveillance de la faune sauvage.
- Plan d’urgence mis en place par les directions départementales des services vétérinaires pour contrôler et éradiquer la maladie. Des exercices sont réalisés (exercice régional à Kergloff en Bretagne les 3 et 4 novembre 2005). L’ensemble de ces mesures s’appliquent jusqu’au 1er décembre 2005. Elles pourront être réévaluées à tout moment.

Dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2006, une dotation de l’assurance maladie s’élevant à 175 millions d’euros sera attribuée pour faire face au risque de pandémie de grippe d’origine aviaire.

Conférence de presse sur la grippe aviaire (25 octobre 2005)

Notes

[1] Les oiseaux "appelants" (oies, canards de surface, canards plongeurs, foulque macroule et vanneau huppé) employés pour la chasse, souvent élevés en captivité, sont utilisés pendant la chasse dans le milieu naturel. Attachés par un fil, ils sont chargés d’attirer leurs congénères sauvages de passage pendant leur trajet migratoire