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Mutations de l’hémagglutinine : des marqueurs d’un potentiel pandémique

Publié le 04.12.2006

Pour se répliquer, les virus influenza A se fixent sur les récepteurs présents à la surface de la cellule hôte par l’intermédiaire de leur hémagglutine (HA). Cette glycoprotéine virale permet l’attachement du virus à l’acide sialique (récepteur viral) présent à l’extrémité terminale de molécules sialyloligosaccharidiques de la membrane cellulaire. Les virus influenza aviaires se lient préférentiellement aux récepteurs de type SAα2,3Gal c’est à dire aux récepteurs dont l’acide sialique est lié à une molécule de galactose par une liaison glycosidique α2,3. Les virus influenza humains se fixent aux récepteurs SAα2,6Gal dont l’acide sialique est lié par une liaison α2,6 au galactose.

Cette préférence des virus influenza pour un type de récepteur peut être modifiée par des changements au niveau des acides aminés de l’HA. Si les virus influenza aviaires, à la suite de mutations sur le gène de l’HA, acquerraient la capacité de se fixer sur les récepteurs de type SAα2,6Gal (présents dans les voies respiratoires humaines), ils pourraient devenir capables de se répliquer efficacement chez l’homme et deviendraient alors potentiellement pandémiques.

Une équipe de scientifiques américains et japonais [1] donc cherché à identifier les mutations de l’HA pouvant rendre le virus H5N1 capable de reconnaître les récepteurs cellulaires de type humain (SAα2,6Gal). Elle a utilisé pour celà des virus H5N1 isolés chez des oiseaux et chez des hommes infectés par le virus et a étudié leur spécificité de fixation vis à vis des récepteurs de l’HA SAα2,3GAl et SAα2,6Gal. Les chercheurs ont montré que certains virus H5N1 isolés chez l’homme (3 sur les 21 isolats humains étudiés) pouvaient se fixer sur des récepteurs cellulaires humains et aviaires alors que les souches isolées chez les poulets et les canards se fixaient exclusivement sur des récepteurs aviaires. A partir de ces trois souches d’origine humaine, deux mutations indépendantes, en position 182 (lysine) et en position 192 (arginine), ont été identifiées. L’analyse structurale a confirmé que la position de ces aminoacides pouvait effectivement jouer un rôle dans la fixation aux récepteurs. Ces aminoacides pourraient servir de marqueurs moléculaires pour évaluer la capacité des virus H5N1 isolés à se répliquer chez l’homme et pour prédire l’émergence d’une pandémie.

Haemagglutinin mutations responsible for the binding of H5N1 influenza A viruses to human-type receptors

Notes

[1] Shinya Yamadaa. « Haemagglutinin mutations responsible for the binding of H5N1 influenza A viruses to human-type receptors ». Nature. 444, 378-382 (2006)