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Rôle de la température et de l’humidité relative dans le développment du virus influenza

Publié le 19.11.2007

Dans les régions tempérées de l’hémisphère Nord, la grippe se développe de façon prédominante pendant les mois d’hiver, de novembre à mars, lui conférant son caractère épidémique saisonnier. Dans l’hémisphère sud, la grippe survient principalement de mai à septembre.

Les auteurs américains d’un article publié en octobre dans la revue PLoS Pathogens [1] ont cherché à identifier les facteurs environnementaux pouvant être impliqués dans la diffusion du virus de la grippe. Pour cela, ils ont travaillé avec des cobayes auxquels on avait inoculé un virus grippal humain (virus influenza A H3N2, souche A/Panama/2007/99) et des cobayes naïfs c’est-à-dire n’ayant jamais été en contact avec le virus. Les animaux étaient logés ensemble dans une chambre environnementale dont les conditions de température et d’humidité relative étaient contrôlées.
Les résultats ont montré que ces deux paramètres pouvaient influencer la transmission du virus grippal, sous forme d’aérosols, aux cobayes naïfs. La réponse immune ne semble pas, quant à elle, significativement modifiée par les basses températures. Différents mécanismes pourraient expliquer cette augmentation de la transmission virale. Tout d’abord la stabilité des virus dans les aérosols expirés varie avec l’humidité relative. Ensuite, la taille des gouttelettes expirées diminue quand l’humidité relative baisse, ces petites gouttelettes (5μm) persistent donc plus longtemps dans l’atmosphère et augmentent ainsi la transmission. Par ailleurs, l’air froid inspiré semble augmenter la viscosité du mucus nasal et diminuer la clairance mucociliaire, favorisant ainsi la diffusion virale au niveau des voies respiratoires. Enfin dans les voies respiratoires hautes, le virus est plus stable à basse température, il y persiste donc plus longtemps, augmentant ainsi la diffusion.

Cette étude expérimentale tend à montrer que des températures basses (5°C), caractéristiques de la saison hivernale et des valeurs d’humidité relative basses (20 à 35%), obtenues dans les logements chauffés, favoriseraient la transmission virale et pourraient contribuer à la périodicité saisonnière des épidémies de grippe.

Influenza Virus Transmission Is Dependent on Relative Humidity and Temperature

Notes

[1] Lowen, AC. « Influenza Virus Transmission Is Dependent on Relative Humidity and Temperature ». PLoS Pathogens. 3, n°10 (5 octobre 2007)