• Accueil
  • Actualités
  • Un vaccin contre le virus de la grippe aviaire pour l’homme. Nouvelles stratégies vaccinales.

Un vaccin contre le virus de la grippe aviaire pour l’homme. Nouvelles stratégies vaccinales.

Publié le 06.12.2005

La menace d’une pandémie de grippe aviaire causée par le virus H5N1 pousse les scientifiques à envisager de nouvelles stratégies vaccinales et à trouver de nouvelles méthodes de production des vaccins.
Dans un article publié sur le site de la Mayo Clinic, Gregory Poland, directeur du groupe de recherche sur les vaccins à la Mayo clinic (Rochester, Etats-Unis), fait le point sur les recherches actuelles concernant un vaccin humain contre la grippe aviaire.
Trois approches sont expérimentées pour la mise au point de ce vaccin :
- Un vaccin préparé comme le vaccin de la grippe saisonnière est en cours d’essai clinique (le vaccin actuellement testé est dirigé contre le virus H5N1 observé en Asie en 2004 ; il est appelé vaccin pré-pandémique). Il s’agit d’un vaccin à virus inactivés. Après avoir identifié la souche à inclure dans le vaccin, le virus est inoculé dans des oeufs de poule embryonnés où il se multiplie. Les virus sont alors recueillis, purifiés et tués chimiquement pour fabriquer le vaccin. Le vaccin testé actuellement nécessite l’injection de deux doses de 90 microgrammes à un mois d’intervalle. Le fabricant ne pourra ni produire suffisamment de vaccin ni suffisament vite pour toute la population, en cas de pandémie, si les volumes à injecter restent aussi importants. Il faudrait pouvoir diminuer les doses de 90 à 5 microgrammes. Une autre limite à cette méthode de production est la virulence des virus H5 et H7 : cultivés dans les oeufs de poule, ils les tuent rapidement à leur stade embryonnaire.
- Un vaccin similaire est à l’étude, auquel on a ajouté un adjuvant qui stimule la réponse immunitaire (un composé chimique de type aluminium). En augmentant la réponse immune par ce moyen, les chercheurs espèrent pouvoir utiliser des doses plus faibles.
- Enfin, la technique de la génétique inverse a été utilisée afin de produire des vaccins actifs contre les 15 variants de l’hémagglutinine, protéine de surface du virus influenza A (H1-H15). Cette technique permettrait de produire un vaccin générique actif contre tous les sous-types du virus.

Pour pouvoir produire plus rapidement ces vaccins, il faudrait utiliser de nouvelles techniques de production. On utilise aujourd’hui les oeufs de poule embryonnés. C’est un procédé long qui demande plusieurs mois de délai. Si une souche hautement contagieuse était identifiée aujourd’hui, il faudrait au moins 4 à 6 mois pour fabriquer les premières doses de vaccin. Mais de nouvelles technologies pourraient être utilisées. Par exemple, celles qui utilisent les cultures cellulaires sont plus souples et plus rapides. Des lignées cellulaires animales sélectionnées, cellules de rein de chien par exemple, peuvent être produites en grande quantité dans des solutions nutritives et mises en attente. Dès l’apparition d’une nouvelle souche pathogène, les scientifiques pourront inoculer la souche isolée dans ces cellules. Les virus vont s’y multiplier, seront recueillis, purifiés et inactivés. Sanofi pasteur a passé un contrat de 97 millions de dollars avec le Département de la santé américain pour accélérer le développement d’un vaccin contre la grippe pandémique, produit sur culture de cellules.

Qu’en est-il des vaccins à ADN, pourraient-ils résoudre les problèmes de production ? Un fragment d’ADN codant pour une protéine du virus grippal susceptible de déclencher une réaction immunitaire protectrice (l’antigène) est fixé à une particule d’or microscopique. On l’injecte ensuite sous la peau à l’aide d’un pistolet électrique ("gene gun"). Une fois dans l’organisme, l’ADN pénètre dans les cellules (musculaires ou dendritiques), se détache de la particule d’or et induit la synthèse des protéines antigéniques. Cela entraîne une réponse immunitaire cellulaire et humorale dirigée contre ces protéines. Les avantages de cette méthode sont un faible coût et une production possible en grande quantité ; l’ADN est par ailleurs stable et son administration est facile (pas besoin d’aiguille). Ce type de vaccin a été testé chez l’animal (vaccin contre la rage) et des essais sont en cours chez l’homme (vaccin contre le paludisme, le SIDA, l’hépatite B, ...). Mais pour obtenir les autorisations de mise sur le marché, il faudra modifier la réglementation en vigueur.

A l’heure actuelle, nous ne disposons pas de grandes quantités de vaccins pré-pandémiques. Les mesures de mise en quarantaine, l’utilisation des antiviraux, des masques et les mesures d’hygiène sont les principaux moyens d’action contre la pandémie.
L’intérêt de se préparer à une pandémie, même si l’on ne sait pas quand elle surviendra, est d’avoir de meilleures infrastructures et de pouvoir faire face à d’autres catastrophes (anthrax, variole,...).

Bird flu vaccines : Challenges of preventing a pandemic