Un vaccin humain européen contre le virus aviaire influenza A H7N1

Publié le 10.11.2005

Des chercheurs européens ont développé un nouveau vaccin « anti-pandémique » dirigé contre le virus aviaire A H7N1 hautement pathogène. Ce virus a été à l’origine de foyers de grippe aviaire en Italie en 1999 et s’apparente au virus H7N7 responsable de l’épizootie aux Pays-Bas en 2003. Les essais cliniques pour ce nouveau vaccin (appelé RD-3) commenceront au printemps 2006. Le projet de recherche appelé FLUPAN s’inscrit dans le programme cadre de l’Union européenne. Il a débuté en septembre 2001 et associe six partenaires européens (Health Protection Agency, Royaume-Uni ; Istituto Superiore di Sanità, Italie ; National Institute for Biological Standards and Control, Royaume-Uni ; Sanofi Pasteur (division vaccins du groupe Sanofi-Aventis), France ; University of Bergen, Norvège ; University of Reading, Royaume-Uni).
Le risque de voir une souche aviaire influenza A de sous-type H7 à l’origine d’une pandémie serait plus faible que pour la souche de sous-type H5N1. Cependant, les résultats d’une étude parue en octobre 2005 montrent que la souche aviaire de sous-type H7 est capable de se transmettre à l’homme (voir résumé de l’article ci-dessous). Les données concernant la souche H7N1, obtenues dans le cadre du projet FLUPAN, sont donc importantes pour le développement du futur vaccin « anti-pandémique ». Des experts européens, réunis à Bruxelles fin octobre, ont d’ailleurs souligné l’importance de mobiliser tous les efforts de recherche dans le domaine des vaccins.

Dans l’article Serological Analysis of Serum Samples from Humans Exposed to Avian H7 Influenza Viruses in Italy between 1999 and 2003 [1], paru dans la revue The Journal of Infectious Diseases du mois d’octobre, les chercheurs ont étudié la possibilité d’une transmission à l’homme des virus aviaires influenza A de sous-types H7N1 hautement pathogène, H7N1 faiblement pathogène et H7N3 faiblement pathogène. Ces virus ont été responsables de plusieurs foyers de grippe aviaire dans des élevages de volaille en Italie de 1999 à 2003. Des analyses sérologiques ont été réalisées sur les personnes travaillant au contact des volailles pendant l’épizootie pour mesurer la présence des anticorps anti-H7. Sur les 185 échantillons prélevés, 3,8% étaient séropositifs et tous les individus trouvés séropositifs n’ont été exposés qu’aux virus faiblement pathogènes. Les résultats de ces recherches montrent l’importance d’une surveillance sérologique chez l’homme et chez l’animal pour mieux comprendre le passage de la barrière des espèces par ce virus. L’émergence d’une nouvelle souche, capable de provoquer une pandémie, pourrait être le résultat d’un réassortiment entre des souches aviaires et humaines circulant en même temps, pendant des épisodes de grippe aviaire à virus faiblement pathogènes. D’où l’importance de renforcer les systèmes de surveillance non seulement pour les foyers de grippe aviaire à virus hautement pathogènes mais également pour ceux à virus faiblement pathogènes.

European scientists develop human vaccine against H7N1 avian flu virus

Notes

[1] Puzelli, S. “Serological Analysis of Serum Samples from Humans Exposed to Avian H7 Influenza Viruses in Italy between 1999 and 2003”. The Journal of Infectious Diseases. 192, 1318-1322 (2005)