Termes

V

Vaccin à ADN

(Aussi appelé vaccin nucléotidique)
La vaccination par ADN est basée sur l’introduction dans les tissus cellulaires par voie intra-musculaire, par bombardement ou par voie nasale d’un plasmide purifié d’ADN contenant une séquence codant pour un antigène donné. Après administration de l’ADN, l’antigène est exprimé par les cellules transfectées induisant une réponse immunitaire spécifique et mesurable.

Anglais : DNA vaccine

J.-L. Prugnaud. Annales Pharmaceutiques Françaises Vol 61, N° 4 - juillet 2003 pp. 219-233

Deux conditions sont nécessaires pour la réalisation d’un vaccin à ADN :
- connaître la séquence des protéines immunogènes du pathogène considéré
- disposer d’un modèle animal de la maladie pour tester l’efficacité du vaccin

Vaccin antigrippal : vaccin à virion fragmenté

Les vaccins "fragmentés" sont des vaccins purifiés et inactivés contenant des antigènes de surface (neuraminidase et hémagglutinine) et des antigènes internes du virus grippal (nucléoprotéines, protéine matricielle). Les substances réactogènes comme l’enveloppe lipidique du virus sont éliminées. Tout en induisant une bonne réponse immunitaire, ces vaccins sont mieux tolérés que les vaccins à virions entiers. Dossier du Centre National Hospitalier d’Information sur le Médicament (CNHIM) Page 14

Les vaccins à virions fragmentés sont composés de particules obtenues après traitement par les détergents Bulletin hebdomadaire de l’OMS (28, 2002) Page 8

Anglais : split virion influenza vaccine

Vaccin pandémique

Un vaccin pandémique sera fabriqué à partir de la souche responsable de la pandémie. Cette souche devra être identifiée par l’OMS dont un laboratoire de référence préparera la souche vaccinale correspondante dans un délai de 1 à 3 mois. Il faudra compter de quatre à six mois entre le début de la pandémie et la mise à disposition des premières doses de vaccin pandémique.

Vaccin prépandémique

Un vaccin prépandémique est fabriqué sur la base des souches fournies par l’OMS circulant actuellement chez les oiseaux (H5N1) et susceptibles d’acquérir la capacité de se transmettre d’homme à homme.

Fabriqué à partir de virus réassortants, le virus vaccinal ne comporte que les gènes HA et NA du virus A(H5N1). La protection conférée par ce vaccin est donc dirigée exclusivement vis-à-vis de ces deux antigènes majeurs du virus A(H5N1).

Dans l’attente du vaccin pandémique, le but de l’utilisation d’un vaccin prépandémique est double :
- réaliser une primo immunisation permettant, lors de l’administration ultérieure du vaccin pandémique, une réponse immunitaire plus rapide et plus intense des sujets ayant reçu un vaccin prépandémique ;
- conférer un certain degré de protection du fait d’une immunité croisée entre la souche vaccinale prépandémique et la souche pandémique.

Vaccin prototype

Anglais : Mock-up vaccine

Vaccin qui ne sera utilisé que lors d’une pandémie officiellement déclarée par l’OMS ou l’Union européenne.

Avant qu’une pandémie ne se déclare, personne ne sait quelle souche de grippe sera en cause. Afin de raccourcir les délais de mise à disposition, les firmes pharmaceutiques développent un vaccin prototype contre un virus présentant les caractéristiques potentielles d’un virus pandémique (souche virale à laquelle personne n’a été exposé et contre laquelle personne n’est immunisé, comme le virus H5N1 par exemple). Le profil technique de ce futur vaccin (dosage de l’antigène, nombre de doses nécessaires, ...) est défini et un dossier est enregistré au niveau européen. Quand la pandémie débutera, la souche virale présente dans le vaccin sera remplacée par la souche à l’origine de la pandémie avant que le vaccin puisse être utilisé. Ce vaccin prototype permettra de gagner du temps dans la préparation du vaccin pandémique, les premières doses pourront être obtenues dès 13 semaines après l’identification du virus causal.

Vaccination de type "prime-boost"

Primo-immunisation/rappel hétérologue
Elle associe une primo-immunisation avec un vaccin à ADN suivie d’une injection de rappel hétérologue (un vaccin à vecteur viral par exemple) pour induire une forte réponse immunitaire.
L’immunisation se fait contre le même antigène présenté successivement dans le contexte de deux voire trois vecteurs ou formulations différentes.

Anglais : prime-boost immunization

Virulence

La virulence d’une souche se traduit par le taux de mortalité parmi les personnes infectées par cette souche ; c’est ce qu’on appelle le taux de létalité.

Anglais : virulence

Sentiweb

Virus réassorti

Virus exclusif à une seule espèce animale, qui a franchi la barrière d’une autre espèce, animale ou humaine, non porteuse de ce virus auparavant, en réassortissant son bagage génétique originel avec des segments génétiques nouveaux et appartenant au génome du virus de cette autre espèce.
Synonyme : virus recombinant (MeSH)

Anglais : reassortant virus

Note : Un virus spécifique, comme l’influenzavirus aviaire affectant les oiseaux sauvages et les volailles, peut muter en se recombinant, dans une même cellule infectée, avec un influenzavirus humain en circulation (endémique ou épidémique). En effet, les segments génétiques aviaires codant les propriétés pénétrantes et tueuses de l’influenzavirus aviaire A (H5N1) peuvent se recombiner avec les propriétés des autres segments génétiques de l’influenzavirus humain A (H3N2), permettant ainsi une bonne réplication du virus à l’intérieur de la cellule humaine et sa transmission interhumaine. Les influenzavirus passent ainsi des oiseaux, aux porcs ou aux humains. Ces réassortiments de virus créent de nouveaux virus émergents.

Office québécois de la langue française

Vol de coiffe

Anglais : Cap snatching

La polymérase virale copie les ARN du génome viral afin de produire des ARN messagers viraux, les ARN spécifiques au virus qui commandent la production des protéines virales. Elle a cependant besoin d’un petit fragment d’ARN pour amorcer la synthèse des ARN messagers viraux et ce fragment d’ARN est "volé" aux ARN de la cellule hôte. La polymérase virale pénètre dans le noyau des cellules infectées et identifie une structure chimique appelée "cap" située à l’extrémité de l’ARN cellulaire à l’intérieur du noyau. Elle clive ensuite un petit fragment contenant la "cap" de ces ARN cellulaires et utilise ce fragment pour amorcer la synthèse d’ARN messagers viraux
Ce phénomène est connu sous le nom de cap snatching.