Gestion de la pandémie par les autorités sanitaires

Publié le 30.04.2010 | par Equipe éditoriale

Face aux questions soulevées par la façon dont l’état français a géré la pandémie à virus H1N1, les assemblées parlementaires se sont fait le relais de l’opinion publique et ont été à l’initiative de différentes auditions et commissions d’enquêtes pour recueillir des éléments d’information. Les parlementaires européens s’interrogent également sur la gestion de cette crise sanitaire et pointent du doigt l’OMS.

La pandémie de grippe à virus A (H1N1), apparue en avril 2009, a conduit les autorités sanitaires françaises à prendre des décisions pour protéger l’ensemble de la population. Une fois le pic pandémique dépassé et le virus s’étant révélé moins dangereux que prévu, les choix faits par les pouvoirs publics ont été remis en cause et ont été l’objet de nombreuses critiques, amenant des interrogations de la part des représentants politiques, députés et sénateurs.

- Dans le compte-rendu de l’audition publique du 1er décembre 2009 présenté par M. Door, député, et Mme Blandin, sénatrice, sur le thème "Face à la grippe A (H1N1) et à la mutation des virus, que peuvent faire chercheurs et pouvoirs publics ?", la question des moyens de ralentir la propagation du virus et donc de l’intérêt de la vaccination a été abordée. L’action des pouvoirs publics et des gestionnaires de pandémies et leurs choix ont également été discutés.

- Le rapport d’étape n°12 intitulé "La mutation des virus et la gestion des pandémies", publié le 17 février 2010, a été présenté à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).
Les rapporteurs ont analysé l’inquiétude causée par l’apparition d’un nouveau virus et la réponse donnée par les pouvoirs publics ainsi que les questions qui ont inévitablement émergé en particulier par rapport à la vaccination. Ils ont analysé l’attitude des Etats-Unis dans la même situation et ont proposé une nouvelle approche de la politique de santé publique.
Un certain nombre de recommandations ont été formulées dans ce rapport et on notera en particulier la nécessité d’améliorer la communication institutionnelle pour éviter les rumeurs, le besoin d’évaluer l’adaptabilité du plan en fonction de la réalité de la pandémie, au niveau national mais aussi au niveau européen et mondial, et la nécessité de réfléchir à l’implication des principes de précaution et de prévention en matière de santé publique. Il est également important de réaffirmer l’utilité de la vaccination.

Pour répondre aux nombreuses interrogations, une commission d’enquête sur la manière dont a été programmée, expliquée et gérée la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) a été créée le 24 février 2010 par l’Assemblée nationale.
Une autre commission d’enquête a été désignée le 17 février 2010 par le Sénat pour comprendre le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le Gouvernement de la grippe A (H1N1).

Au niveau européen aussi des doutes quant aux choix qui ont été faits par les dirigeants pour gérer cette crise sanitaire sont apparus. L’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) prépare un rapport sur la gestion de la pandémie. Une première audition publique intitulée « Les décisions relatives à la pandémie ne sont-elles prises qu’à la lumière de données scientifiques bien comprises ? » a été organisée par la Commission des questions sociales, de la santé et de la famille, à Strasbourg, le mardi 26 janvier 2010. Le Dr Keiji Fukuda, conseiller spécial de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les grippes pandémiques, a défendu son organisation quant à une influence possible des laboratoires pharmaceutiques.
Une deuxième audition publique sur le thème « Gestion de la pandémie H1N1 : nécessité de plus de transparence » a eu lieu le lundi 29 mars à Paris.
Un rapport devrait être présenté fin avril, en vue d’un débat en session plénière probablement en juin.

Enfin, la Commission européenne qui réalise des entretiens téléphoniques afin de connaître l’opinion publique dans les états membres sur un sujet donné, les Eurobaromètres Flash, a publié, en mars 2010, les résultats d’un sondage sur la pandémie : Eurobarometer on Influenza H1N1. Les questions suivantes ont été abordées : intention de se faire vacciner contre la grippe saisonnière, perception de la pandémie à virus H1N1, craintes et croyances, niveau d’information, confiance dans les sources d’informations, pandémie H1N1 dans les médias, mesures prises contre la pandémie, opinions sur la vaccination contre la grippe H1N1.

Au nom de la "transparence" et pour répondre aux critiques qui lui sont faites, l’OMS a créé un comité d’examen composé de 29 experts et chargé d’évaluer la gestion de la pandémie de grippe H1N1 par l’OMS et ses pays membres. Ce comité s’est réuni en avril à Genève (Rapport de la première réunion, 12-14 avril 2010 et rendra un premier rapport intermédiaire en mai.