Les experts se lavent-ils les mains ?

Publié le 04.10.2010 | par Equipe éditoriale

Les spécialistes des maladies infectieuses qui établissent les recommandations pour limiter la diffusion de ces maladies devraient être des modèles pour leur mise en application en période de pandémie.

Parmi les gestes simples pour prévenir les infections respiratoires, le lavage des mains avec de l’eau et du savon plusieurs fois par jour est l’une des principales recommandations. En particulier dans les lieux publics où le risque de contamination est augmenté, le lavage des mains devrait être encouragé dans les toilettes.

Une étude d’observation [1] a mesuré la mise en pratique de cette recommandation par les spécialistes des maladies infectieuses eux-même, après leur passage aux toilettes, au cours de deux congrès qui se sont déroulés l’un en Norvège, l’autre aux Etats-Unis, en septembre 2009, pendant la pandémie de grippe A H1N1. Mille sept cent quarante-sept participants ont ainsi été évalués. Respectivement 4% et 3% des participants ne se sont pas lavé du tout les mains et 19% et 36% n’ont pas utilisé de savon. Au cours des deux conférences, les hommes étaient moins observants que les femmes (38% versus 84%).

Même si l’application de cette règle d’hygiène par les congressistes a été relativement élevée, en tant qu’expert et donc de modèle , les non observants sont impardonnables. Cela confirme de précédentes études indiquant que la connaissance et la pratique du lavage des mains chez les professionnels de santé ne sont pas directement liées. Mais l’on peut espérer qu’ils ont utilisé des solutions hydroalcooliques...

Do as I say, not as I do : Handwashing compliance of infectious diseases experts during influenza pandemic


[1] Kantele, A., Kanerva, M., Seppänen, M., Sutinen, J., Skogberg, K., Pakarinen, L., Jääskeläinen, I., Aho, I., Järvinen, A., Finnilä, T. et Ollgren, J. « Do as I say, not as I do : Handwashing compliance of infectious diseases experts during influenza pandemic ». AJIC : American Journal of Infection Control. 38, 579-580 (2010)